Il y a de fort nombreuses années que j'emmène dans ma traîne personnelle, comme une comète dont je voudrais presque me prétendre à être le seul à percevoir la brillance, l'énergie et le calme fondateur, le 4° mouvement de la symphonie n° 4 de Gustav Mahler. Mais c'est tellement plus riche de se résoudre à le partager...
La version que je présente est excellente (Léonard Bernstein, à la tête du Philharmonique de Vienne, c'est un must, absolument) bien que je n'apprécie pas exactement Edith Mathis (c'est mon goût personnel). Ce morceau est inspiré du Cor enchanté de l'enfant (Des Knaben Wunderhorn) du même compositeur.
Un morceau qui me suivra dans l'au-delà... mais je ne suis pas pressé, j'ai encore besoin de le déguster...
Tantôt humilié, tantôt exalté, caché maintenant, manifesté tout à l'heure. Pour être un jour comblé par la dilection, il faut risquer mainte aventure avant d'atteindre ce point où l'on goûte la pure essence de l'Amour.
Frère Christophe, 11 janvier 1994
Frère Christophe était l'un des sept moines de Tibhirine assassinés entre le 27 mars et le 21 mai 1996 (quelle date exacte?, peu importe).
J'ai lu ce texte dans le livre Des hommes et des dieux qui complète l'excellent film éponyme de Xavier Beauvois. Merci encore Maguy Belle-Maman. Qu'aurais-je fait à la place des moines ? Il n'y a rien à juger, peut-être seulement à admirer...
Bien avant Jésus, Aristote, le brillant disciple de Platon (lui-même disciple de Socrate, ndlr), avait déjà fait évoluer la notion d'amour. Pour lui, l'amour n'est pas que désir. Il peut aussi se manifester dans l'amitié qui permet à des êtres humains de se réjouir ensemble dans un partage réciproque. Cet amour d'amitié, qu'il nomme philia, pour le distinguer d'eros, Aristote n'hésite pas à affirmer qu'il constitue, avec la contemplation divine, la plus noble activité de l'homme, celle qui lui permet d'être véritablement heureux (Ethique à Nicomaque). Cette conception ne supprime en rien la vision socratique, mais la complète: sans aller jusqu'à la contemplation divine, l'amour humain peut s'épanouir dans le plaisir et la joie; il n'est plus seulement une pulsion, un désir fondamentalement ambivalent, ni toujours un manque ou une insatisfaction. Aristote fait ainsi de l'amour une expérience joyeuse et une vertu.
Angelus Silesius
La rose est sans pourquoi
Calligraphie de Vincent Geneslay
Petit livret composé de calligraphies illustrant des extraits du Pèlerin chérubinique d'Angelus Silesius, chef d'œuvre de la littérature allemande du XVII° siècle, commentés par Christiane Singer ("Proches de nous jusqu'au vertige, les distiques ineffables du Pèlerin chérubinique viennent comme à l'instant même de monter des profondeurs. Ils nous harponnent... Pas de soliloque. L'apostrophe, l'interpellation, partout l'appel ardent!")
Ce chant, ce cantique, me donne la chair de poule... c'est vrai et c'est peut-être bien, mais ce n'est pas suffisant... il résonne surtout au plus profond de moi... émotion, ferveur, communion, échange(s), partage... Ce chant, qui pourrait très bien être aussi un Chant des Chants, est une merveilleuse passerelle entre deux mondes dans lesquels je me sens si bien et dont je parlerai peut-être un jour. Pour ma vérité, je veux dire merci à celles et ceux qui m'ont mis sur le chemin vers là où je suis (avec Elle, qui plus est): d'une part, Maurice, Chantal et Claude sans oublier Sophie et, d'autre part, Charlotte.
La version que je présente est la meilleure de celles que j'ai entendues sur YouTube. Elle est minimaliste (accompagnement du seul piano) mais ce n'en est que mieux. Et les voix des ados de Vox Angeli donnent un air frais de pureté et de grâce.
Écoutons, les yeux fermés pour regarder à l'intérieur ou les yeux ouverts sur le monde.
Il y bien longtemps que La Manic, chanson de et par Georges Dor (1931-2001, québécois, auteur, essayiste, compositeur, dramaturge, chanteur, poète, réalisateur de théâtre) me trotte dans la tête. Cette chanson est une lettre d'amour écrite par un ouvrier de construction sur le projet de barrage hydroélectrique de Manicouagan (Québec). Complainte élégante et noble.
Depuis La Manic, j'ai découvert une autre chanson de Georges Dor, Une boîte à chansons, grâce à Claude Nesme, Président et co-fondateur de l'Association Métamorphose, qui l'interprète avec beaucoup de sensibilité. Voici cette chanson. Pour compenser les images fixes, j'ai reporté en dessous les paroles. Autre merveille.
Une boîte à chansons
C'est comme une maison
C'est comme un coquillage
On y entend la mer
On y entend le vent
Venu du fond des âges
On y entend battre les cœurs à l'unisson
Et l'on envoie toutes les couleurs de nos chansons (x2)
Un mot parmi les hommes
Comme un grand feu de joie
Un vieux mot qui résonne
Un mot qui dirait tout
Et qui ferait surtout
Que la vie nous soit bonne
C'est ce vieux mot que je m'en vais chercher pour toi
Un mot de passe qui nous ferait trouver la joie (x2)
Irai-je jusqu'à vous ?
Viendrez-vous jusqu'à moi ?
En ce lieu de rencontre
Là où nous sommes tous
Jouant chacun pour soi
Le jeu du pour ou contre
Tu entendras battre mon cœur et moi le tien
Si tu me donnes ta chaleur moi mon refrain (x2)
Puisque nous sommes avec Georges Dor, restons-y 3 minutes 33 avec une dernière chanson, Un homme libre, découverte sur YouTube. Engagée.